Explication du projet de loi 90 : Ce que fait réellement la Loi sur les déchets textiles de l’Ontario (2025), et pourquoi c’est important

Image de déchets textiles empilés dans un site d’enfouissement

Dernière mise à jour : 26 février 2026

Si vous avez déjà vidé votre garde-robe et vous êtes demandé où finissaient vraiment les vêtements « donnés » ou jetés, vous n’êtes pas seul.

En Ontario (et partout au Canada), une grande part des textiles indésirables finit encore en décharge, et les systèmes que nous souhaiterions voir exister (collecte, tri, réparation, revente, recyclage) ne s’étendent pas sans règles claires, un financement stable et une reddition de comptes.

C’est ce que le projet de loi 90 essaie de changer, mais pas de la manière que beaucoup de gens supposent.


Points clés (TL; DR) : 

  • Le projet de loi 90 ne crée pas de programme de recyclage instantané des textiles.

  • Elle modifie la Loi ontarienne sur la récupération des ressources et l’économie circulaire (RRCEA) afin de déclencher un examen à durée déterminée sur la manière dont les textiles pourraient être ajoutés comme matériau réglementé.

  • Elle exige que le gouvernement consulte largement, fasse des rapports et continue de publier des mises à jour jusqu’à ce que les textiles soient officiellement désignés.

  • Le vrai succès, c’est une infrastructure axée sur la réutilisation, de meilleures données, des attentes claires pour les marques, et la protection de l’écosystème de la réutilisation et de la charité, sans promettre trop de promesses de recyclage qui n’existe pas encore.


Maintenant, entrons dans les détails... 


Qu’est-ce que le projet de loi 90?

Le projet de loi 90 (Loi sur les déchets textiles, 2025) a été présenté par la députée Mary-Margaret McMahon. À partir d’aujourd’hui, elle est en Première Lecture (ordonnée pour la Deuxième Lecture), ce qui signifie que ce n’est pas encore la loi.

L’objectif principal du projet de loi 90 est procédural : il crée une voie structurée permettant à l’Ontario de déterminer comment les textiles pourraient être inclus dans le cadre de l’économie circulaire de la province dans le cadre de la RRCEA. 

Ce que fait réellement le projet de loi 90 (et la chronologie qu’il fixe)

Si le projet de loi 90 est adopté et reçoit la sanction royale, il exigerait que le ministre :

01. Commencer une révision formelle dans les 3 mois

Le ministre doit commencer un examen au plus tard trois mois après l’entrée en vigueur de l’article pertinent.

02. Consultez l’écosystème complet (pas seulement un groupe)

Le projet de loi exige explicitement la consultation de :

  • Entreprises qui fabriquent, distribuent ou importent des vêtements et des textiles ménagers

  • Organisations qui collectent, trient, traitent ou transportent des textiles pour réutilisation, réparation ou recyclage

  • ONG œuvrant à la réduction des déchets et à la circularité

  • Municipalités

  • l’Autorité de la productivité et de la reprise des ressources (RPRA)

03. Faire un rapport des conclusions dans les 6 mois suivant le début de l’examen

Dans les six mois suivant le début de l’examen, le ministre doit faire rapport à l’Assemblée législative, y compris un calendrier estimé pour la date de désignation des textiles.

04. Continuez à fournir des mises à jour publiques jusqu’à ce que les textiles soient désignés

Si les textiles ne sont pas désignés après les jalons initiaux de la déclaration, le projet de loi exige des mises à jour continues à intervalles fixes jusqu’à ce que le travail soit terminé.

En résumé : Le projet de loi 90 est un projet de loi sur la gouvernance et la reddition de comptes. Cela empêche que les déchets textiles soient discrètement dépriorisés en imposant un processus et un calendrier transparents.

Ce que le projet de loi 90 ne fait pas


Soyons parfaitement clairs, car c’est là que la confusion se produit.

Le projet de loi 90 ne fait pas :

  • créer du jour au lendemain un programme provincial de recyclage des textiles

  • rendre immédiatement les marques responsables selon le cadre de l’EPR de l’Ontario demain

  • Résoudre magiquement les déchets textiles

Au lieu de cela, elle lance le processus formel pour déterminer comment l’Ontario devrait procéder, basé sur des preuves, des consultations et une planification réaliste des infrastructures.

Pourquoi les Ontariens ordinaires devraient-ils s’en soucier?

Parce que les déchets textiles sont déjà un problème énorme, et une opportunité énorme.

Les chercheurs estiment que les Canadiens jettent environ 500 millions de kilogrammes (environ un milliard de livres) de vêtements et d’autres textiles chaque année. Et des recherches axées sur le Canada ont estimé que la majorité des vêtements usagés/déchets finissent encore en décharge (avec une déviation bien en dessous de ce qui est possible).

Voici la partie dont on ne parle pas assez :

La réutilisation est la victoire à court terme

Une part importante des textiles collectés peut être réutilisée, et c’est la réutilisation qui réapparaît d’abord les avantages environnementaux et abordables les plus importants.

Nous devons bâtir un système qui priorise :

  • Meilleure collecte et tri

  • Capacité de réparation et de revente

  • Transparence sur la destination des textiles

  • Financement stable pour tout faire fonctionner

En résumé : nous pouvons garder plus de vêtements en usage, réduire la pression sur les sites d’enfouissement et élargir l’accès à des vêtements d’occasion abordables.

À quoi devrait ressembler le succès en Ontario

Chez Fashion Takes Action, nous surveillerons si le projet de loi 90 mène à un système clair, mesurable et axé sur la réutilisation, et non seulement une promesse sur papier.

Le succès à court terme ressemble à ceci :

  • Un mécanisme de financement stable pour soutenir la collecte, le tri et la réutilisation des infrastructures

  • Un calendrier public de mise en œuvre (avec des jalons que les Ontariens peuvent suivre)

  • Des responsabilités définies pour les détenteurs de marques/importateurs/détaillants (pour que la reddition de comptes soit réelle)

  • Des attentes claires en matière de performance (des objectifs qui reflètent ce qui est réellement réalisable)

  • Collecte et rapports de données cohérents (pour mesurer ce qui fonctionne)

  • Protection des systèmes de réutilisation existants (y compris les organismes de bienfaisance et les collecteurs communautaires)

Le succès à long terme se manifeste comme suit :

  • Moins d’élimination des textiles vers les sites d’enfouissement

  • Options de réutilisation et de réparation plus fortes et plus accessibles

  • Une meilleure capacité de tri qui soutient d’abord les marchés locaux de réutilisation

  • Meilleure traçabilité des flux de matières (y compris les exportations)

C’est pourquoi l’accent mis par le projet de loi 90 sur un processus structuré et limité dans le temps est important : sans structure, les textiles restent un flux de déchets « inexistant ».

C’est la consultation qui décide du résultat

Une force clé du projet de loi 90 est qu’il exige que l’Ontario consulte l’ensemble du système, y compris les marques, les collectionneurs et trieurs, les municipalités, les ONG et le régulateur (RPRA).

Pourquoi cela importe : les choix de conception faits lors de la consultation déterminent si la politique réduit réellement les déchets ou si crée accidentellement de nouveaux problèmes.

Une approche mal conçue pourrait :

  • submerger les collectionneurs et organismes de bienfaisance existants,

  • pousser plus de textiles à l’étranger avec une transparence limitée,

  • Ou de trop compter sur une capacité de « recyclage » qui n’est pas encore réellement disponible à grande échelle.

Ce que VOUS pouvez faire en ce moment (pendant que la police rattrape son retard)

Même si le projet de loi 90 avance dans le processus législatif, vos actions comptent toujours :

  • Porter plus longtemps : soin, réutilisation, restyle

  • Réparer plus tôt : les petites réparations précoces empêchent la mise à disposition prématurée

  • Choisissez la revente d’abord : l’occasion réduit la demande pour la nouvelle production

  • Faites un don responsable : dons propres et portables; Utilisez des dépôts spécifiques aux textiles pour les objets non portables lorsque c’est disponible

  • Suivez l’avancement du projet de loi : et soutenez un processus de consultation large, transparent et limité dans les délais

FAQ

Le projet de loi 90 est-il la loi en ce moment?
Au 26 février 2026, le projet de loi 90 progresse toujours dans le processus législatif (il n’est pas encore en vigueur).

Le projet de loi 90 crée-t-il un programme immédiat de recyclage des textiles?
Non. Cela déclenche un processus formel d’examen et de consultation pour déterminer comment les textiles pourraient être inclus dans les règles ontariennes sur l’économie circulaire et selon quel calendrier.


À quoi les Ontariens devraient-ils regarder si le projet de loi 90 avance?
Un calendrier clair, des rapports transparents, des responsabilités définies pour les producteurs, et des investissements qui renforcent la réutilisation et les collecteurs/organismes de bienfaisance existants.

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